Cabine ou caverne des trésors d’Ali Baba
? A l’intérieur, mon amant de passage ôte
ma serviette. Je referme le loquet de la porte : les plaisirs
défendus se savourent en privé. La lumière
tamisée qui émane de la lampe en pâte
de verre, posée contre le mur sur une applique de
fer forgé, révèle une large banquette.
Nos lèvres s’effleurent, nos corps se mêlent…
son torse est encore chaud. L’ivresse des mille et
une nuits nous enchaîne alors à son récit.
Le matelas obéit docilement à nos mouvements
les plus fiévreux, le temps est suspendu à
notre intimité.
Tandis que la musique suave du Riad entame une danse endiablée,
je goûte les fruits d'une passion éphémère.
Je songe aux mots du poète Ibn Hazm : « l'amour
est chose naturelle, et il est naturel de se laisser gagner
par lui ».
Soudain, la musique cesse et l’exaltation retombe.
Nos bouches se rejoignent une dernière fois, en guise
d’adieu. J’ai soif.